Loin des yeux

Tôt le matin, tout juste réveillée, le flou.

Je me demande si c’est la presbytie qu’en est la cause, mes muscles oculaires paresseux, ou le noir insistant de la nuit. Noir dans ma chambre bunker et noir dans mes yeux dès l’instant où, piégée par des bras de velours, je me rends, consentante.

Dans un sursaut, je me suis emparée de la photo retrouvée la veille, posée sur un tas de papiers par terre, au pied du lit. Les couleurs et les contours se font plus visibles maintenant, après quelques secondes, mes sens mieux éveillés.

Je revois les six silhouettes qui occupent tout l’espace photographique. Des formes allongées, arrondies, en premier et deuxième plan, mélange soigneux, comme des figurines décoratives placées sur un étagère. Une géométrie humaine ordonnée.

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Performances du marché

Viriles, elles attrapent le morceau de viande, de la chair blanche, rosée ou rouge sang vieilli. Douces et précises, la placent sur la planche d’un mouvement rapide, la caressent, et plantent un couteau post-mortem juste où il faut, glissant dans une matière soumise, piégée par la douceur apparente du bourreau. Lire la suite