Performances du marché

Viriles, elles attrapent le morceau de viande, de la chair blanche, rosée ou rouge sang vieilli. Douces et précises, la placent sur la planche d’un mouvement rapide, la caressent, et plantent un couteau post-mortem juste où il faut, glissant dans une matière soumise, piégée par la douceur apparente du bourreau.

Le client observe, subjugué, la performance artistique. Il n’est pas comme les autres, ce boucher. Il aime le produit, et il est doué.

Elle offre un sourire permanente, la dame des fromages… un sourire du lait tiède, sincère. Elle ne laisse pas paraître la lassitude, la fatigue, le désir d’un autre quotidien, peut-être ailleurs, dans la terre de ses aïeuls.

Ses petites et fines mains coupent doucement le produit d’excellence. Elle est légère. La commissure de ses lèvres paraît être connectée avec ses mains par un fil invisible, des mouvements en vague, dansants, frais, qui revêtent nonobstant une sorte de rituel quotidien.

Marchons…

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